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Un classique Il y a des classiques que l’on ne peut oublier ou que l’on ne peut se passer comme le ketchup sur le pâté chinois, des olives dans un Dry Martini, des musiques qui à force de traverser les époques en viennent à être intemporelles, des films et des séries télévisées qui deviennent des cultes, une patate à la roulotte de la 5e rue... et pour les cyclistes du Centre-de-la-Mauricie: le Tour des Lacs.
Un circuit en boucle Le Tour des Lacs est un parcours d’environ 65 km, principalement sur des routes de campagne, où l’on retrouve tout de même plusieurs kilomètres de bandes cyclables. C’est un circuit plutôt plat, avec quelques vallons, entouré de lacs et de montagnes. Ce circuit étant une boucle, le cycliste a l’embarras du choix pour le point de départ. On visite les villages de St Mathieu-du-Parc, St-Élie-de-Caxton, St-Boniface sans oublier les secteurs de St-Gérard-des-Laurentides, de Ste-Flore et, évidemment, la partie nord de la ville de Shawinigan.
Un cachet d’antan
Le trajet que nous suggérons a comme point de départ le stationnement de l’église du secteur de Ste-Flore (Shawinigan). C’est en 1846 que le canton de Shawenegane est ouvert à la colonisation. La fondation du village de Ste-Flore a lieu en 1863. En 1970, le village est annexé à la ville de Grand-Mère et celle-ci à la ville de Shawinigan en 2002.
En sortant du stationnement de l‘église, on se dirige vers la gauche en direction du secteur de St-Gérard-des-Laurentides. En roulant sur l’artère principale, la 50e avenue, on remarque que plusieurs maisons du village ont conservé leur cachet d’antan. D’excellents restaurants ont pignon sur rue et offrent une cuisine gastronomique dans le décor chaleureux, pour la plupart, d’une maison à l’architecture typiquement québécoise. Au retour, on a l’embarras du choix pour se sustenter. Finalement, pourquoi attendre? On réserve une table avant d’enfourcher le vélo pour la randonnée !
L’horizon offre à la vue du cycliste la campagne et les montagnes dans toute leur splendeur. Qu’on soit en été ou en automne, le paysage est bucolique. Un autre sens est sollicité: l’odorat. On y hume un mélange du terroir - restons poli - et de fleurs des champs qui embaument l’atmosphère.
Un bouquet de feuillus
Au loin, après avoir quitté la 50e avenue, sur le boulevard du même nom, se dessinent les sommets de la Vallée du Parc. On roule en toute quiétude sur une portion de la Route verte. De chaque côté: des champs et quelques habitations. Si le vent ne ralentit pas nos ardeurs, après avoir passé devant le centre de ski, on arrive assez rapidement à l’orée d’une belle piste cyclable en plein bois. Environ deux kilomètres de pur bonheur sous un bouquet de feuillus. Cependant, on reste prudent car, le chemin, bien qu’asphalté, est sinueux et légèrement vallonné et même quelque fois glissant en raison des feuilles qui tapissent souvent le sol.
Au bout, on se retrouve sur le Chemin des Pommiers que l’on emprunte à droite en direction du secteur de St-Gérard-des-Laurentides, à l’origine un village qui a été fondé en 1924 et annexé à la ville de Shawinigan en 2002. Au coeur de la petite localité, on remarque la petite église blanche toute en bois. On suit la Route verte jusqu’à la route provinciale 351. La circulation automobile étant plus dense et rapide, la prudence est de mise jusqu’à l’intersection du Chemin St-François. Tout de même, on prend le temps d’admirer les montagnes qui nous entourent au loin.
Un pont couvert
Arrivé sur ce chemin, le calme est revenu. Bientôt, à droite, un vieux pont couvert qui, malgré le poids des année, se dresse au-dessus de la rivière Shawinigan depuis 1936. Nos ponts furent couverts pour la même raison que les filles portent des jupes et des crinolines: pour protéger la beauté structurale qui est rarement vue mais néanmoins appréciée.
Cette citation anonyme nous conduit vers une explication toute simple pour comprendre la raison pour laquelle, anciennement, on recouvrait les ponts d’un toit. Simplement, parce que les ponts sont majoritairement construits en bois, ils ne résistent guère plus d’une quinzaine d’années aux intempéries. Vers la fin du 19e siècle, un inspecteur au Département de la Colonisation et des Mines suggère dans plusieurs de ses rapports de construire un toit ou un lambris sur les ponts en bois parce que c’est une économie de construire de suite des ponts durables. Malheureusement, la recommandation de cet inspecteur n’a pas été suivie à la lettre pour la construction des viaducs actuels.
Après avoir fait un petit retour dans le passé, on poursuit la randonnée jusqu’au Chemin Principal que l’on prend à gauche à la hauteur de l’intersection en forme de Y et ce jusqu’au centre du village de St- Mathieu-du-Parc.
Des lacs Puisqu’on affirme que le trajet du Tour des Lacs est un classique, il faut bien qu’il soit question de lacs. Un des premiers digne de mention à l’intérieur du parcours est le Lac Bellemare, à quelques coups de pédales du village. À St-Mathieu, le nom de Bellemare rappelle le souvenir de l’abbé Adélard Bellemare, le premier curé de la paroisse. La paroisse, fondée en 1872 le jour de la fête de saint Mathieu, adopte officiellement en 1998 le nom de St-Mathieu-du-Parc en raison, on le devine facilement, de la proximité du Parc national de la Mauricie.
À l’origine, l’exploitation forestière est le moteur de l’économie locale. Aujourd’hui, c’est principalement l’industrie touristique qui assure la prospérité de plusieurs de ses quelques 1 300 habitants. Au fil du trajet, sur la route 351 en direction de St-Élie-de-Caxton, on passe devant les lacs Vert, Gareau, Long, Perchaude. En roulant, on surveille à notre droite, un peu avant de franchir les limites de St-Mathieu, une petite aire de repos où est plantée une croix blanche. L’invitation est lancée, si l’on désire prendre quelques minutes pour se reposer le postérieur sur l’un des deux modestes petits bancs en bois. À condition, bien sûr, durant l’été, de tolérer la multitude de bestioles assoiffées de sang qui lorgnent avec avidité les mollets des cyclistes.
Pas trop loin, en roulant devant le domaine du club Winchester, on tombe, au figuratif il va sans dire, de notre vélo devant la magnificence des pins qui forment une véritable voûte naturelle au-dessus de la route. Surpris par la pluie? Voilà un bel endroit où s’assécher en attendant un trou dans les nuages.
Des lutins
La prochaine destination n’a guère besoin de présentation. Un petit détour, en empruntant la route 351 vers la droite, nous mène vers le village de Fred Pellerin, St-Élie-de-Caxton. À vrai dire, il n’existe pas de détour lorsque l’on roule à vélo pour le plaisir. Donc, on fait une petite virée du bord de la patrie du célèbre conteux pour constater de visu que St-Élie-de-Caxton, ça existe vraiment!
La paroisse est érigée canoniquement en 1865, de même que le village qui doit son appellation à l’abbé Joseph-Élie-Sylvestre Sirois-Duplessis, de toute évidence un précurseur en matière de prénoms et de noms composés... Dans les années 1880, sous les conseils du bon Père Frédéric, on plante une croix sur la montagne derrière l’église du village sur le lieu qui allait devenir le Calvaire. Encore de l’énergie dans les mollets? La vue est superbe du haut de la montagne.
À St-Élie, outre l’église et le calvaire, on peut prendre le temps de visiter le musée “Nos souvenances” , la boutique de souvenirs et d’artisanat et la Traverse de lutins. Cherchez et vous trouverez! Également, on offre (en location) la possibilité de faire une visite audio-guidée, en vélo du village avec la vraie voix du vrai Fred Pellerin. Une fois la visite terminée, on rebrousse chemin de par où on est venu, en direction de St-Boniface.
Une autre voûte La tournée des lacs se poursuit allégrement. Après avoir passé devant le Lac Plaisant, on arrive à la hauteur du Lac Bell. Aucun rapport avec Graham. C’est qu’il y a une pléthore de Bellerive dans le coin. Goût irrésistible pour la farniente? Écoeurantite aigüe du pédalier? Le camping Floribell offre une belle plage et un très beau plan d’eau pour la baignade. En plus des aires de camping et 32 unités d’hébergement peuvent accueillir les cyclistes qui désirent s’allonger ou allonger leur séjour dans ce coin de pays.
Le rang 7, le vent dans le dos, se fait en criant vélo: le faux plat descendant donne l’impression de survoler le secteur. Sans forcer, on atteint les 35 km/h. Tout de même, on ralentit pour prendre le Chemin du Lac vers la gauche. Bien que rugueux et parsemé de nids de poule , ce chemin est un passage obligé en raison de la beauté du paysage. Encore une fois, une voûte d’arbres accueille les passants. L’automne, les couleurs y sont magnifiques. En saison, on risque de succomber aux délices de la ferme: fraises et framboises font le plaisir des plus gourmands.
On poursuit notre route vers le village de St-Boniface en prenant le Chemin Lemay. Ensuite, deux options s’offrent à nous: la rue Marineau à gauche ou la route 153, tout droit, en direction de la rue Principale que l’on prend vers la gauche. L’érection canonique de la paroisse de St-Boniface-de-Shawénégan a lieu en 1859. Saint-Boniface rappelle le souvenir de Boniface (675-754), évangélisateur de la Germanie et archevêque de Mayence. Shawinigan est une déformation de shawénégan, mot amérindien signifiant “portage en pente” et qui décrit le sentier que l’on devait emprunter pour contourner les chutes de la rivière St-Maurice. Le nom de Shawinigan a été abandonné par la municipalité le 5 avril 2003.
Rendu à la hauteur de l’église, on prend le boulevard Trudel Est vers la droite. L’église de St-Boniface est construite en 1923 selon les plans des architectes Jules Caron de Trois-Rivières et de Louis Caron de Nicolet.
Bien que la circulation soit rapide sur le boulevard Trudel, l’accotement est très large et sécuritaire jusqu’au Chemin des Laurentides que l’on prend à gauche. Avant cette intersection, la prudence est de mise, car la pente est abrupte et la circulation assez dense en raison des échangeurs routiers de l’autoroute 55. Une fois sur le Chemin des Laurentides, on se méfie des camions qui circulent régulièrement sur cette route. Néanmoins, l’endroit est très agréable et sécuritaire. On y retrouve une ferme où l’on fait l’élevage des bisons.
Une dernière montagne
Déjà, la randonnée tire à sa fin. On poursuit notre route jusqu’à la rue de la Montagne en direction de la 50e avenue. On remarque que ce secteur, la partie nord de la ville de Shawinigan, est bordé par une montagne. Jadis, une carrière de pierre y est exploitée et, encore aujourd’hui, un commerce de pierre de recouvrement presque centenaire honore la mémoire d’Élie Grenier, l’un des pionniers du développement de St-Boniface, de la Baie-de-Shawinigan et de Glenada, maintenant Shawinigan-Nord ou St-Charles-Garnier. La route de Ste-Flore est maintenant droit devant. Encore quelques coups de pédales et on est de retour au point de départ.
Une dernière fois, on prend le temps de regarder vers le nord. On abreuve nos pupilles du décor champêtre qui s’offre à nous. Maintenant, on comprend pourquoi le Tour des Lacs est un classique au Centre-de-la-Mauricie.
Sources:
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